Logement étudiant : une forte demande en face d’une offre faible et mal adaptée
Les étudiants sont de plus en plus nombreux à chercher un toit :
Notre pays compte près de 2,2 millions d’étudiants et 59% habitent hors du domicile parental soit 1 300 000 étudiants (cf. OVE enquête Sept -2002. Chiffres repris par le rapport du député ANCIAUX en 2007).
40% des demandeurs trouvent un logement seul, 22% en couple, 11% à plusieurs.
Seuls 150 000 étudiants obtiennent une chambre dans le réseau des Œuvres Universitaires et Scolaires sensé gérer le logement des étudiants.
Mais, en plus d’être saturée, cette offre de logement est souvent mal adaptée aux besoins des étudiants. Les 2/3 du parc des CROUS correspondent à des chambres de 9 mètres carrés avec des douches et des sanitaires à l’étage.
Et, malgré les efforts importants des CROUS pour rénover le parc bâti grâce aux subventions de l’Etat et des collectivités locales, celui-ci reste souvent vétuste.
L’offre du CROUS, qui bénéficie quasi exclusivement aux étudiants boursiers, a néanmoins un avantage : le prix. Le montant moyen d’une chambre ou d’un studio oscille entre 118€ et 165€, soit un reste à charge pour l’étudiant boursier très faible une fois les aides aux logements déduites (entre 71 € et 121 €). Au sein du parc HLM, qui compte plus de 4 millions de logements, ceux destinés aux étudiants représentent une place modeste : 80 000 logements étudiants dont 54 000 sont en fait gérés par les CROUS.

- La demande de logements étudiants - CROUS
- Carte de répartition de la demande de logements étudiants - Source : CROUS
Le développement des résidences étudiantes avec services
Devant cette situation –une forte demande face à une offre faible et mal adaptée– les investisseurs se sont peu à peu engouffrés dans la brèche. Si peu de promoteurs constructeurs se risquent seuls à construire des résidences étudiantes, nombreux sont ceux qui s’associent à des sociétés exploitantes qui prennent en charge, dès la livraison, la gestion du site et des logements loués. Les rendements annuels sont élevés (entre 4 et 6% selon Laurence BOCCARA, Les Echos du 30/06/05) et les avantages fiscaux de ces résidences avec services sont réels. Regroupées au sein de l’association ADELE (www.adele.org), les résidences privées avec services comptent 120 000 logements et le secteur se développe très rapidement depuis quelques années.
Si la qualité architecturale de ces résidences ne souffre pas la comparaison avec le parc des CROUS, il n’en reste pas moins que les loyers sont généralement compris entre 400 et 600€ par mois. Le public n’est donc pas le même et souvent les étudiants sont contraints de travailler à côté de leurs études afin de pouvoir résider dans ce type d’hébergement.
Des partenariats à construire pour répondre aux nouvelles demandes des collectivités locales
La figure de l’étudiant dans la ville a longtemps été dominée par le mythe de la classe dangereuse, des « Sorbonnards », ces étudiants parisiens du quartier Latin, fer de lance des contestations étudiantes. Depuis les étudiants dans les villes ont quitté « l’ombre pour la lumière » et sont valorisés par les collectivités comme autant de preuves de la jeunesse de leur population locale, du dynamisme et de l’innovation de leur territoire, en un mot, de leur attractivité. De plus en plus de programmes d’aménagement comptent désormais des espaces réservés aux étudiants que ce soit dans les centres-villes, près des campus ou sur des lignes de transport en commun.
Il existe un réel espace pour des projets entre l’offre des CROUS et celle des résidences avec services pour répondre à ces nouvelles demandes des collectivités locales. Elle passe principalement par la définition d’un cahier des charges ambitieux et adapté à la demande des étudiants. Les bailleurs sociaux doivent montrer aux collectivités qu’ils maîtrisent les habitudes de vie des étudiants et qu’ils en tirent les conséquences architecturales et de gestion pour faciliter la coexistence des différentes catégories de population au sein d’un même ensemble ou groupe d’immeuble. C’est tout l’enjeu d’une mixité sociale réussie. Des espaces communs doivent par exemple être aménagés et les chambres doivent permettre une vie sociale aussi festive que studieuse, les bâtiments doivent permettre l’installation de services de laverie, l’accès wifi et la possibilité de louer des chambres déjà meublées.
Plusieurs acteurs peuvent intervenir pour le développement d’un parc de logements étudiants abordables, mais ils semblent s’observer et s’attendre mutuellement :
Les collectivités souhaitent souhaitent un logement étudiant pleinement intégré à la production de logements sociaux, et sont en attente de ce type de prestation.
Le mouvement HLM possède les compétences qui lui permettrait de répondre à cette demande.
Il ne manque donc plus qu’une réelle détermination à agir et à mettre en relation les futurs partenaires.
Au sein du cabinet Maât c’est Patrice Roques qui suit plus particulièrement le thème du logement étudiant._ Tel. : 01 75 77 07 22